Quels sont vos parcours de formation, ainsi que vos parcours professionnels ?

Ève : Je suis designer de formation, j’ai étudié à l’école Boulle, puis à l’ENSCI les ateliers (École Nationale Supérieure de Création Industrielle), à Paris.
Je me suis spécialisée dans les métiers d’art verriers en me formant à différentes techniques, d’abord, au sein d’un atelier, au moulage dit de « pâte de verre », à la taille et à la gravure. Puis, j’ai intégré le CERFAV (Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers) et suis devenue Compagnon Verrier Européen en soufflage de verre.

Laurent : Je suis souffleur de verre. Je suis issu d’une famille de céramistes, j’ai toujours conçu et fabriqué des objets de mes mains. Suite à mes études (tournage d’art, puis soufflage à la canne), j’ai entrepris quinze années d’expériences professionnelles, dans différentes structures, afin d’acquérir la polyvalence nécessaire à une liberté de création.
Ainsi, j’ai été formé à la rigueur technique, à la production sérielle, et à l’exigence du luxe au sein des cristalleries Saint-Louis et Lalique. J’ai également acquis des savoir-faire plus spécifiques dans des ateliers artisanaux, notamment à Biot, pays du verre bullé. Et j’ai été confronté au travail sur-mesure au sein du Centre International d’Art Verrier (Meisenthal) où je réalisais des pièces pour des artistes et designers en résidence.

 

Quelle est la place de l’artisanat dans les différentes phases du processus de création ?

Nous sommes tous les deux, à la fois concepteurs et fabricants : nous dessinons et soufflons nos propres créations. Mais étrangement, nous ne nous sommes jamais définis comme artisans. Nous aimons bien le concept de « métier d’art » qui regroupe ces deux aspects de notre travail.
Nous faisons partie d’une génération de créateurs, dont les profils sont de plus en hybrides et sortent des strictes professions designers/artisans et c’est quelque chose qui nous plaît beaucoup !

 

Comment décrivez-vous votre travail ?

D’un point de vue formel, nous parlons souvent d’une esthétique assez douce : dans notre gamme de couleur, dans le travail de formes géométriques assemblées, tronquées. Nous portons également une grande attention aux décors et aux textures du verre : jeux de transparences, effets de marbrures et de moirés, dégradés de couleurs, etc.
Techniquement, nous tenons à ce que chaque objet qui sorte de l’atelier soit unique, il y a donc forcément un facteur aléatoire dans chacune de nos créations. Soit porté par le décor, soit par une forme soufflée sans aucun moule.

 

Quelle est votre définition du design ?

Ève : Je dirais que le design c’est d’abord des méthodes et un savoir-faire. C’est la capacité de répondre à des questions ou d’apporter des solutions à des besoins, par la créativité.
Au sein de l’Atelier George, nous faisons du design, parce que c’est mon premier métier, et que c’est par ce prisme que j’aborde un projet. C’est une discipline qui a la capacité de réunir, et d’être augmentée, par d’autres savoir-faire. Nous faisons également un métier d’art, parce que nous possédons un savoir-faire technique précieux de transformation et de mise en forme d’une matière. Ces deux métiers sont très complémentaires, et nous avons choisi, comme de nombreux confrères et consœurs, de les maîtriser tous les deux, et de les appliquer conjointement à notre travail.

 

portrait photographique : François GOLFIER

2012 rencontre au CIAV Meisenthal - 1er projet : Les Feuilles de Verre
2016 création de la marque Atelier George
2017 collection Moire - Paris Design Week (Cité de la Mode et du Design)
2020 collection Aube - salon Maison & Objet
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